L’existence d’un Ordre des ingénieurs est présentée comme une nécessité parmi les corps d’état constitués, à l’image du Ghana où il existe depuis 1967 et donne son avis obligatoire sur les projets de développement, ou du Canada (Québec) et des États-Unis où son adhésion est obligatoire pour exercer. En Côte d’Ivoire, malgré le nombre élevé et la haute qualité des ingénieurs formés dans les grandes écoles d’État (INSET, ENSTP, ENSA, INPHB), l’absence d’un cadre formel regroupant l’ensemble des ingénieurs rendait leur contribution aux actions publiques insuffisante et peu perceptible.
L’Ordre se veut un instrument permettant aux ingénieurs de fédérer leurs voix pour contribuer au développement national. Il assure la défense du titre et du label d’ingénieur en rendant son avis obligatoire pour l’agrément des écoles et le contenu des programmes de formation, tout en veillant à l’application d’un code de déontologie. En tant qu’organe consultatif de l’État, il incite les ingénieurs à mettre leur expertise au service public par des conseils sur les projets industriels, les grandes orientations et la recherche.
L’Ordre participe activement à la croissance du pays via la création d’entreprises (constitution d’une classe d’entrepreneurs), la vulgarisation et le transfert de technologie, l’intégration des meilleures pratiques de performance, la transformation et la valorisation des matières premières, l’appropriation du développement durable et l’innovation. Il vise également à accroître la notoriété internationale de la Côte d’Ivoire par la qualité des ingénieurs et des biens et services, en mettant l’accent sur le respect des normes et des audits.